Analyse appliquée du comportement (ABA)
L’Analyse Appliquée du Comportement est une approche éducative fondée sur des principes scientifiques et expérimentaux, largement utilisée dans l’accompagnement des personnes présentant des TND/TSA.
Qu'est-ce que l'ABA ?
L’ ABA (Applied Behavior Analysis) ou analyse appliquée du comportement est fondée sur l’application de principes scientifiques et expérimentaux. Le but principal des interventions basées sur l’ABA est d’améliorer de manière significative la vie des bénéficiaires de ces interventions. Les stratégies d’enseignement utilisées sont fondées sur des preuves et nécessitent une mise en œuvre rigoureuse et cohérente auprès de nos bénéficiaires avec troubles neurodéveloppementaux.
L’amélioration de la qualité de vie implique l’acquisition de compétences de divers domaines comme la communication, l’autonomie, les loisirs et relations sociales. L’ABA guide nos pratiques éducatives dans la mise en œuvre de stratégies d’apprentissage efficaces afin d’accompagner les personnes accueillies dans leur développement et épanouissement.
Le rôle central des professionnels dans les apprentissages
Il est donc important de considérer que nous sommes (l’ensemble des professionnels de nos établissements) le premier outil d’apprentissage essentiel au développement de compétences des jeunes de nos établissements. Ainsi le socle d’une prise en charge au sein de nos établissements est un rapport positif et de confiance instauré avec les jeunes accueillis ainsi que leur motivation à s’engager dans les activités. Pour établir ce rapport nous nous appuyons sur les préconisations des soins tenant compte des traumatismes (« trauma-informed care ») et du protocole universel (« FTF Behavioral Consulting »).
Une variable essentielle de nos interventions est la généralisation des compétences acquises à tous les lieux de vie, cela implique de tenir compte des besoins des bénéficiaires dans leurs principaux lieux de vie comme le domicile ou encore l’école, puis de veiller à ce que toute compétence acquise dans le cadre de séances spécifiques soit utilisée de manière fonctionnelle dans ces lieux de vie afin de permettre la meilleure adaptation sociale possible.
La mise en confiance et l’espace de coopération
Afin d’engager les personnes dans des activités d’apprentissage il est primordial d’obtenir leur coopération, cependant la coopération s’apprend, s’acquiert petit à petit et s’entretient grâce à notre socle.
L’objectif premier du début de prise en charge est que la personne soit dans un état émotionnel approprié notamment Heureuse et Relaxée pour permettre un Engagement dans les activités proposées et les échanges sociaux.
Les premières séances sont ainsi consacrées à développer ce rapport positif et à faire mutuellement connaissance, pour amener progressivement la personne vers un espace de coopération réciproque.
La mise en œuvre de ces séances s’appuie sur les points suivants dits du « protocole universel » :
- Faire preuve de considération positive et d’empathie en permanence
- Enrichir l’environnement d’activités préférées et favoriser des expériences partagées
- Suivre la motivation de la personne dans la mesure du possible
- Inviter le bénéficiaire à participer aux activités prévues (emploi du temps)
- Limiter les demandes non-essentielles
- Rendre les demandes essentielles moins aversives
Il est important de considérer également ce temps comme un temps d’évaluation et prendre note de tous les éléments que nous communique le bénéficiaire ou que nous observons : activités et items préférés, non appréciés, modalités de communication actuelle, comportements problème, etc.
La communication : un axe prioritaire de l’ABA
Le développement d’une communication efficace, fonctionnelle et adaptée à chacun est une priorité afin de permettre à chacun d’exprimer ses besoins, ses souhaits, ses volontés, ses ressentis.
Comprendre et se faire comprendre est la clé des échanges sociaux et du partage des informations et connaissances.
Il est important de donner à chaque enfant les moyens de communiquer efficacement, de demander des informations, de l’aide, d’exprimer un refus, etc.
Des moyens de communication alternatifs (images, signes) à la parole seront développés afin de pallier une communication vocale insuffisante voire inexistante, car c’est un objectif essentiel à tout programme d’intervention car cela contribue directement au bien-être, à la sécurité et autonomie de la personne. C’est bien souvent le premier objectif d’apprentissage à développer, mais la communication fonctionnelle est aussi un domaine à développer tout au long de la prise en charge des personnes pour enrichir et perfectionner constamment leurs compétences de communication.
Enfin il est essentiel de noter que la communication joue un rôle important dans la diminution des comportements perturbateurs en permettant aux personnes de s’engager dans des réponses alternatives aux comportements inadaptés.
Les compétences de tolérance liées aux compétences de communication
Les personnes avec un TSA montrent régulièrement des difficultés à agir et réagir face à certaines situations de manière adaptée comme face à un refus, de l’attente ou au partage d’une même activité avec un pair. Ces difficultés sont dues à un manque de compétences pour faire face à ces défis : difficultés pour exprimer ses besoins de manière claire et fiable et problèmes de compréhension. Il est donc indispensable de mettre en œuvre un programme d’enseignement de ces compétences à développer rapidement une fois qu’une communication fonctionnelle se développe.
Les compétences sociales essentielles de « survie »
De nombreuses études ont montré l’importance de développer en priorité des compétences essentielles de vie en groupe dans le but de prévenir des comportements problème. C’est pourquoi ces compétences essentielles sont à placer rapidement au cœur de nos projets personnalisés d’accompagnement : répondre à l’appel de son prénom, tolérer l’attente, tolérer le refus, faire des demandes aux pairs, réaliser des transitions, partager, etc.
Enseigner avec l’ABA
Les interventions basées sur l’ABA nécessitent de :
- D’établir les objectifs généraux
- Construire un plan d’enseignement définissant des objectifs spécifiques et progressifs afin que l’effort à fournir soit bien géré
- Individualiser les apprentissages
- Enseigner des compétences précises. Les objectifs sont clairement définis, identifiables et mesurables
- Contrôler l’environnement pour créer un maximum d’opportunités d’apprentissage et les transférer à des contextes dits naturels
- S‘assurer que les réponses attendues sont suivies de conséquences positives attrayantes (=renforcer)
Il est préconisé de planifier des instructions directes en individuel et/ou en groupe plutôt que d’attendre que des opportunités d’apprentissage se présentent de manière naturelle. Ainsi les activités intégrées à l’emploi du temps des personnes sont mises en œuvre de telle sorte qu’elles permettent l’entrainement aux compétences visées.
Il n’y a pas d’apprentissage sans renforçateurs, ainsi avant tout enseignement, il est essentiel d’avoir défini la conséquence positive qui suivra la réponse de la personne. Pour que la personne puisse apporter une réponse qu’elle ne maitrise pas encore, une aide suffisante lui est apportée. Cette aide sera estompée petit à petit afin de maintenir la compétence de la personne et qu’elle acquière une indépendance dans la réponse.
Analyse et gestion des comportements
Lorsqu’un comportement est inapproprié ou problématique, il est important de pouvoir l’analyser et le comprendre afin d’en déterminer la fonction et d’apprendre à l’enfant à utiliser un comportement alternatif pour obtenir le même but recherché.
Quand une personne s’engage dans des comportements problème, ne pas oublier qu’elle montre de nombreux déficits et obstacles pour apprendre et s’adapter à ses environnements sociaux en raison de ses troubles diagnostiqués. Il ne s’agit pas d’une mauvaise éducation ou de caprices mais de difficultés pour comprendre, gérer ses émotions et s’exprimer de manière socialement acceptable.
Ainsi l’analyse du comportement permettra d’en déterminer les fonctions.
Les comportements inappropriés (mise en danger, menant à l’exclusion, frein pour l’apprentissage ou l’autonomie) feront l’objet d’une analyse fonctionnelle systématique.
| Antécédents (A) | Comportement (B) | Conséquences (C) |
|---|---|---|
|
- Que s’est-il passé avant ? - Causes probables ? - Où, Quand, Comment, Avec qui, le comportement s’est-il produit ? |
- Fréquence - Intensité ? - Durée ? |
Quelles conséquences ont suivi ? |
Tant qu’aucun protocole n’a été défini, les préconisations générales à mettre en place sont celles du Protocole Universel.
Dès le premier cas de comportement problématique ou dès qu’un comportement problématique est probable, donnez immédiatement accès à tous les renforçateurs.
- Reconnaître l’intention communicative du comportement avec empathie (éviter le jugement et interprétation)
- Mettre fin à toute demande, attente ou interaction non préférée existante
- Offrir de l'espace au bénéficiaire tout en restant disponible
- Donner accès à tous les renforçateurs tangibles ou d’activités qui sont (ou étaient juste) disponibles
- Écouter les demandes et tenter de les satisfaire
- Documenter l'interaction à l'aide de la fiche de données descriptives (grille ACC : Antécédents, Comportement, Conséquence). Les informations récoltées sont importantes car elles vont aider à définir un programme personnalisé d’interventions et de réduction des comportements problème.
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